C’est une question qui m’est restée après notre dîner Think Innov’ que j’avais le plaisir d’animer.
Nous avons appris à évaluer les infrastructures à partir de ce qu’elles produisent, de leurs coûts, de leur efficacité. Mais que se passe-t-il si l’on regarde aussi ce qui les rend possibles : l’eau, les sols, la biodiversité, les ressources et les liens avec le territoire ?
Le partage de Tarik CHEKCHAK m’a marquée sur un point : le vivant ne fonctionne pas seulement par la matière et l’énergie qu’il mobilise, mais aussi par les interactions entre ses éléments. Et si nous avions beaucoup à apprendre de cette logique pour concevoir nos industries ?
L’idée d’« usine vivante » déplace la question. Il ne s’agit plus seulement de réduire les impacts négatifs d’un site, mais de se demander comment il peut contribuer à la résilience du territoire : réguler l’eau et la chaleur, soutenir la biodiversité, créer des coopérations locales. Non comme une couche supplémentaire de responsabilité, mais comme une autre manière de penser la performance.
Une autre tension m’a interpellée : nous voulons inventer les règles du jeu de demain, tout en restant évalués selon celles d’hier. Comment investir dans la robustesse à long terme lorsque le retour immédiat reste le principal arbitre ? Et comment intégrer les externalités positives comme négatives sans réduire toute valeur à un équivalent financier ?
Il n’y a pas de réponse unique. Le contexte compte : une solution pertinente ici peut être contre-productive ailleurs. Cela suppose de regarder les territoires concrètement, de croiser les savoirs et d’associer des voix différentes aux décisions.
Ce que je retiens aussi de cette soirée, c’est la valeur du temps pris pour penser ensemble. Les échanges ont ouvert des pistes et déplacé les questions, sans chercher à refermer trop vite le débat.
Merci à Tarik Chekchak pour la richesse de son partage, et à tous les participants pour la qualité de la conversation.
Et si la performance de demain se mesurait aussi à ce qu’une entreprise permet au vivant humain et non humain de continuer à faire ?