A quelle vitesse allons-nous nous rétablir ?

A quelle vitesse allons-nous nous rétablir ?

Présidents, Directeurs généraux, Directeurs innovation, Directeurs de stratégie, Directeurs marketing, Directeurs relation client, Responsables de services, indépendants, entrepreneurs…tous issus de secteurs des plus divers : digital,  énergie, telecom B2C et B2B, consulting, expertise comptable, valorisation financière, incubateur, immobilier, automobile, logistique, formation, software, big data, biotech, nucléaire, industrie lourde, agroalimentaire, énergie verte… ont évoqué sans tabous leurs ressentis, leurs inquiétudes, leurs espoirs, mais aussi leurs attentes dans cette période hors norme et incertaine. Retour sur 60 heures d’échanges avec des dirigeants de startups, de TPE, PME, ETI ou corporates réalisées entre le 26 mars et le 12 juin 2020…Extraits du dossier « quand un horizon incertain libère le questionnement ».

Que pensent nos dirigeants d’entreprises ?

Entre optimisme et morosité, regardons ce qui se passe en dehors de la France. L’Asie bouge, les États-Unis toujours aussi résilients s’activent.  On constate une reprise de l’Asie, la baisse continue encore aux USA, dont certaines disent qu’ils sont sous respirateur artificiel de la bourse. Dernièrement les marchés ont réalisés que l’économie ne reprendra pas aussi vite qu’ils l’espéraient étant aussi sous la crainte d’une seconde vague de la pandémie aux États-Unis. En tout cas, la bourse évolue aussi aux annonces de la FED. A la différence avec 2008 ou la crise était issue des marchés financiers, cette crise a provoqué un arrêt mondial lié à un virus.

Alors quelles prémices pour l’Europe ?

On bascule dans le monde digital. La bascule en télétravail a accéléré la notion même de digitalisation. La flexibilité et les grandes tendances sont rassurantes dans ce secteur. La transition entre l’ancien et le nouveau monde ou l’ancienne et la nouvelle économie est en cours. Mais cela dépendra des mentalités, de la culture. Ce sera différent en fonction des marchés, des secteurs et des pays.

On verra les immobilistes qui refusent le changement et ceux qui iront de l’avant aspirés par le numérique, et l’hybridation des méthodes de travail.

Il faut mettre un coup d’accélérateur dans tous les domaines: industrie, digital, éducation….

«Nous n’avons pas assez investi pour demain soit parce que cela posait des problèmes de coûts, soit par le manque d’envie de se moderniser» déclare GS, Directeur marketing dans une grande entreprise. Mais un monde à deux vitesses a du mal à fonctionner. Comment prendre le meilleur des deux mondes pour suivre les évolutions en cours ?

L’Europe va-t-elle saisir sa chance et profiter du répit laissé par les USA le temps de la gestion de leur crise ? Difficile à dire car ceux qui vont bien continuent à aller bien et ceux qui vont mal sont en train de s’écrouler.

Il faut identifier comment préserver les entreprises en fonction de leur taille. , décentraliser et faire émerger les voix en local. En tout cas il ne faut pas rester attentiste, ne serait-ce que pour la jeune génération qui arrive, qui a adopté une autre culture, beaucoup plus pragmatique. Il faut discuter avec les opérationnels et les business men pour apporter des solutions simples et pratiques qui répondent au besoin du marché.

Mes interlocuteurs pensent qu’il faut avancer sur l’orientation vers une industrie verte, plus valorisante à produire, une façon aussi de s’affranchir de l’export. Il faut changer les paradigmes, apporter des offres proches des clients au juste prix. « L’offre qui correspond aux attentes et aux besoins et un prix qui correspond au pouvoir d’achat que les consommateurs peuvent assumer » explique CB, Directeur marketing dans une ETI.

Faut-il s’inspirer de la forte résilience américaine ? Et sa culture du risque qui a su montrer sa capacité à développer à grande échelle, en pondérant ses aspects négatifs comme l’excès de pauvreté ?

En décembre aura-t-on déjà oublié cet épisode et serons-nous repartis pour connaitre un rebond sur 2021 ? Les dirigeants avec qui j’ai échangé restent dans l’ensemble positifs face à l’avenir. Beaucoup pensent que si un vrai changement systémique s’opère à travers l’industrie, avec des relocalisations réfléchies, du green, et un ensemble boosté par le digital, cela pourra fonctionner.

Retrouvez l’ensemble de ce dossier de questionnement : « Quand un horizon incertain libère le questionnement ».

Hélène Campourcy – Fondatrice umantex

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