Comment se dessine l’avenir POST-COVID?

Comment se dessine l’avenir POST-COVID?

C’est un virus, un corps invisible, qui a bouleversé l’ensemble de l’économie mondiale et nous précipite dans une profonde incertitude. Plus que jamais nous sommes rentrés dans le monde de VUCA (Volatilité, Incertitude, Complexité, Ambiguïté) qui  déstabilise et amène nos dirigeants d’entreprises à se poser de nombreuses questions.

Je partage avec vous un extrait du dossier « quand un horizon incertain libère le questionnement », qui rassemble plus de 60 heures d’échanges avec des dirigeants de startups, des dirigeants à la cherche d’un emploi, des indépendants, des dirigeant de TPE, de PME, d’ETI mais aussi des cadres de corporates. Ces interviews ont été réalisés entre le 26 mars et le 12 juin 2020. L’ensemble constitue un tour d’horizon faisant suite à la pandémie covid-19, et construit à partir de retours d’expérience terrain à la fois stratégiques et opérationnels.

S’adapter ou mourir !

Pour les interlocuteurs que j’ai interviewés, l’incertitude est telle que toutes les activités fonctionnent au ralenti, et il est difficile pour eux d’avoir une vision claire de l’avenir. «D’un point de vue économique, nous étions plutôt bien orientés avant mi-mars, mais l’arrêt va demander une forte impulsion pour remettre les gens au travail», selon YV, directeur de production d’une ETI.

Nous sommes entrés dans un monde de l’incertitude, une incertitude qui inquiète profondément. Même si certains dirigeants se veulent optimistes sur l’avenir, le ressenti n’en reste pas moins cristallisé sur un véritable impact social à venir. Les aides de l’état bien accueillies dans l’ensemble et fortement utilisées, ne semblent pas suffisantes si elles s’arrêtent brutalement. «Si certaines entreprises ne continuent pas à être soutenues et notamment les petites structures, la France perdra beaucoup» selon VB, directeur d’un service d’expertise comptable.

Certains dirigeants se posent la question de savoir si le chômage partiel ou le PGE ont été accordés à des entreprises qui en avaient vraiment besoin. D’autres s’interrogent sur les conséquences de toutes ces aident à la fois dans le redémarrage et dans l’impact que cela aura dans l’économie de demain.

A la différence des grands groupes qui annoncent déjà de nombreuses suppressions d’emplois, les licenciements des petites entreprises seront moins visibles dans un premier temps. Seule une accumulation de ces licenciements sur plusieurs mois fera prendre conscience de l’ampleur des dégâts dans les petites structures. Les entreprises qui avaient déjà un pied d’argile ont été encore plus fragilisées par la crise. Mais ce sont aussi les règles du jeu économique. Dans ces conditions, comment faire la différence entre les entreprises qu’il faut aider et celles qui de toute façon sont vouées à disparaître, car c’est aussi la loi du business et de l’économie ?

D’autres interrogations sont apparues au cours de mes conversations : est-ce que nous n’avons pas été subi un excès de protection ? Est-ce qu’au final l’immobilisme n’a-t-il pas été favorisé ? Si par exemple, les entreprises avaient été exonérées des charges et des impôts mais pas des salaires nets de leurs collaborateurs, est-ce que cela les aurait plus poussé à agir et du coup changé la situation ? La « reprise » des salariés aurait-elle été plus simple ? Certaines entreprises ont fait face aux refus des salariés de revenir sur place par peur de la contamination. De même, entre les collaborateurs qui sont venus dans l’entreprise, ceux qui ont travaillé à distance ou encore ceux qui ont été ou sont encore au chômage partiel, est-ce que les différents vécus vont laisser des traces ? Comment être à la fois impartial et valoriser ceux qui ont répondu présents ?

« Dans tous les cas cette période va rebattre les cartes» m’a confié MO, entrepreneuse. Certaines filières plus touchées que d’autres comme l’aéronautique, l’automobile, le tourisme, la restauration, l’immobilier commercial…beaucoup de dépôts de bilans ou de rachats sont à venir.

Par ailleurs, les startups qui ont besoin d’accélérer vont avoir besoin très rapidement de cash. Qui va à nouveau engager des fonds et sous quelles conditions ? Il est possible que la situation tasse les valorisations et que les « tickets » soient inférieurs à ce qui serait nécessaire à un redémarrage.

Mais la question n’est plus là.  Il faut se mettre en ordre de bataille pour la relance. Mais comment ? Comment faire quand on a le sentiment qu’il ne se passe rien ?

Les structures (indépendants, TPE, PME) manquent de visibilité, voient leurs carnets de commandes se vider, les paiements bloqués alors qu’elles doivent faire face à leurs engagements. La crise a mis en exergue l’écart de réalité entre grands groupes et les plus petites structures dont les reins sont bien moins solides.

Retrouver le dossier complet « Quand un horizon incertain libère le questionnement » en cliquant ici.

Hélène Campourcy – Fondatrice umantex

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